Assouplir les muscles de son cheval

Comment assouplir les muscles de son cheval?

Trop souvent les cavaliers se concentrent uniquement sur la musculature et ignorent les effets bénéfiques que les assouplissements peuvent avoir sur leur monture. En effet, les assouplissements jouent un rôle tout aussi important sur les muscles du cheval, notamment par rapport à la qualité des allures et l’amplitude des mouvements du cheval. Le travail d’assouplissement et celui de musculation sont donc indissociables chez le cheval et doivent être exécutés quotidiennement.

 

Le système musculaire chez le cheval

Pour mieux comprendre les exercices à la suite de cet article, il faut d’abord connaître le fonctionnement du cheval et son système musculaire de manière générale.

Le cheval dispose de 469 muscles qui représentent plus de la moitié de son poids. Les muscles moteurs, agissant sur la locomotion du cheval, sont répartis en cinq groupes :

1. Les muscles extenseurs / releveurs, qui assurent l’ouverture d’un axe articulaire.

2. Les muscles fléchisseurs / abaisseurs, qui, par opposition, assurent la fermeture d’un axe articulaire.

3. Les muscles rotateurs, qui permettent le pivot d’une articulation sous forme de déplacements circulaires.

4. Les muscles adducteurs, qui permettent l’écartement d’une articulation.

5. Les muscles abducteurs, qui par opposition, permettent le rapprochement d’une articulation.

Ainsi, on peut différencier les groupes de muscles selon leurs actions. Les muscles dits « agonistes » vont agir ensemble dans le même sens. A contrario, les muscles dits « antagonistes » vont agir par opposition, c’est-à-dire qu’ils vont travailler de manière opposée.

Contrairement à l’homme, il n’est pas possible pour le cheval d’étirer chacun de ses groupes musculaires séparément.

Quels muscles faire travailler en priorité à son cheval ?

Lors du travail d’un cheval, on va donc se concentrer sur les deux principales chaînes musculaires : la chaîne ventrale et la chaîne dorsale.

Elle est principalement constituée de muscles fléchisseurs tels que les pectoraux, les abdominaux et les muscles ilio-psoas. Ce sont notamment ces muscles qui permettent, lorsqu’ils se contractent, d’abaisser et/ou de fléchir l’encolure, de remonter le dos et d’articuler les hanches.

Assouplir son cheval grâce au travail monté

Pour faire progresser votre cheval, peu importe ses qualités innées, la musculation et les assouplissements doivent faire partie intégrante de votre entraînement. C’est grâce à ce travail quotidien que votre cheval pourra augmenter son amplitude. Il pourra aussi perfectionner ses mouvements et améliorer sa propulsion et son équilibre.

Que ce soit la cession à la jambe, l’épaule en dedans, ou encore l’appuyer pour les plus confirmés, tous les déplacements latéraux sont grandement bénéfiques au cheval. Ces exercices permettent non seulement de muscler votre cheval de façon harmonieuse, mais aussi de l’assouplir et d’améliorer son engagement. Ces exercices demandent au cheval de se ployer et de se déplacer latéralement ; ils peuvent donc être exigeants et doivent être réalisés avec parcimonie, en accord avec les capacités de votre cheval et vos connaissances personnelles.

Le travail durant les transitions

Les transitions sont aussi de très bons exercices d’assouplissement, cette fois-ci de manière longitudinale. Elles constituent le travail de base lorsqu’on cherche à assouplir son cheval.

Les transitions intra-allures, c’est-à-dire dans l’allure, sont les plus intéressantes ici. En effet, elles permettent de jongler avec l’amplitude musculaire et articulaire du cheval. Le principe reste le même que lors des transitions inter-allures (entre les allures) : obtenir de l’élasticité dans l’allure sans dégrader l’attitude générale du cheval. Lors d’un allongement, vous devez demander à votre cheval d’augmenter son amplitude sans que cela n’impacte sa cadence. Votre cheval doit aller chercher vers l’avant, mais pas de manière plus rapide. Il va alors étendre ses antérieurs grâce aux muscles extenseurs de l’épaule jusqu’à la pointe du sabot. Son dos doit rester souple et ses postérieurs doivent s’engager sous la masse.

De même lorsque vous cherchez à rassembler votre cheval, celui-ci doit aller chercher vers le haut, sans ralentir. Il va alors abaisser ses hanches et élever son avant-main, et placera sa nuque au point le plus haut. Pour réaliser un bon rassembler, la décontraction de votre cheval doit être totale et ses postérieurs doivent s’engager nettement sous la masse afin de maintenir l’impulsion.

Le travail sur l’incurvation

Enfin, travailler sur l’incurvation et la contre-incurvation est aussi un très bon moyen d’augmenter la souplesse de votre cheval. En effet, chaque cheval a une souplesse plus naturelle d’un côté que de l’autre. Comme nous, nos chevaux peuvent être soit droitiers soit gauchers ! Le travail d’incurvation va ainsi permettre de réduire cet écart de souplesse.

Travailler sur des cercles, des huit de chiffres ou encore des serpentines, vous permettra d’alterner le travail aux deux mains. Il faut cependant également veiller à l’incurvation et la contre-incurvation. Lorsque vous demandez à votre cheval de s’incurver, ses muscles vont travailler par « côtés ». Par exemple, lorsque vous êtes à main gauche sur un cercle, les muscles du côté droit vont s’étirer, contrairement aux muscles du côté gauche qui vont se contracter. Ainsi, plus l’incurvation (ou la contre-incurvation) que vous demandez à votre cheval est prononcée, plus les effets d’étirement et de contraction seront marqués.

Il est aussi important de comprendre que pour travailler correctement son cheval, un équipement adapté est nécessaire. Un équipement adapté à sa morphologie lui apportera plus de confort et par conséquent sera moins contraignant lors des assouplissements. De la selle au filet, plusieurs marques comme CWD ou Devoucoux proposent du matériel ergonomique et de qualité.

Assouplir les muscles de son cheval grâce au travail à pied et en longe

Il existe également des exercices d’assouplissement en complément que vous pouvez effectuer à pied ou en longe.

L’incurvation et les transitions

Le travail en longe permet au cheval de tonifier l’ensemble de ses muscles. Comme évoqué précédemment, travailler les transitions et l’incurvation en longe est aussi un bon moyen d’assouplir et de muscler un cheval. Vous pouvez travailler sur une incurvation plus ou moins marquée en faisant varier le diamètre de vos cercles. Il faut bien entendu veiller à ne pas perdre l’engagement et l’impulsion. Pour aller plus loin, les longues rênes sont un très bon outil à condition de savoir les manipuler. Elles offrent plus de contrôle quant au maintien des hanches sur le cercle notamment.

Une fois que votre cheval aura acquis le travail d’incurvation, vous pourrez y associer les transitions. Aidez-vous de codes vocaux ou d’indications gestuelles. Il est intéressant d’observer comment votre cheval réagit à vos demandes. Il faut bien analyser comment il se déplace et exécute le mouvement que vous lui demandez. Si vous avez des difficultés à obtenir des transitions précises lors du travail monté, retravailler les bases à pied et en longe sera bénéfique pour progresser une fois en selle.

Le saut en longe

Le saut en longe est un autre exercice avantageux. Sauter des obstacles demande des efforts importants aux chevaux. En effet, lorsqu’il saute, le cheval va venir étirer sa chaine dorsale pendant la phase ascendante du saut, ainsi que sa chaine ventrale lors du planer et de la phase descendante du saut. Lorsque le cheval enchaîne des sauts rapprochés, comme dans les combinaisons et les sauts de puce par exemple, cet effort devient d’autant plus marqué.

En liberté et en longe, le cheval aura donc tout le loisir de travailler sur son équilibre, son geste et son articulation pendant le saut, sans être gêné par le poids de son cavalier. Vous pourrez ainsi placer des dispositifs de sauts de puces ou de combinaisons. Cela va demander à votre cheval de s’articuler et de contracter ses abdominaux, mettant en tension sa ligne de dos. Une fois que cet exercice est acquis en liberté, vous aurez tout le loisir de l’intégrer ponctuellement à vos séances de travail monté.

Étirer manuellement les muscles de son cheval

Il existe aussi des étirements que vous pouvez pratiquer sur votre cheval et qui permettront d’étendre ses membres, sa ligne du dos et son encolure. Ces étirements peuvent être réalisés autant avant qu’après votre séance d’entraînement.

étirement

Pour aller plus loin, nous vous conseillons d’ajouter un travail sur la mécanisation de votre cheval. En effet, cette pratique, aussi communément appelée gymnastique, permet d’améliorer certains paramètres physiques du cheval tels que la locomotion et la coordination. 

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Anne-Sophie

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